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Fin d’"Arrêt sur image", qui avait rétabli des faits à propos de la Turquie en 2006

lundi 16 juillet 2007, par Turquie News

Etouffer la voix qui dérange

L’émission Arrêt sur Images, de Daniel Schneidermann, est arrêtée sans explications. La France et ses quelques éléments qui se permettent de donner des leçons de liberté d’expression mais qui d’un autre côté n’hésitent pas à voter des lois liberticides et communautaristes ou qui mettent fin à des émissions télé qui dérangent viennent à nouveau de signer attaque contre la liberté de la presse. Arrêt sur images est probablement la seule émission télé de service public critique des médias. Il est évident que le décryptage de l’actualité et la mise en évidence des cas de désinformation effectués par cette émission gênaient : De l’information à la propagande, il n’y a qu’un pas...

L’émission Arrêt sur Image est la seule émission du PAF (paysage audiovisuel français) à dénoncer les cas de désinformation peu évidents que l’on trouve quotidiennement dans la presse écrite et télévisuelle.

Arrêt sur Image s’était tout particulièrement illustré à propos de la Turquie en rétablissant des faits déformés dans la presse écrite et à la télévision en 2006.

En effet, on pouvait lire dans la presse française et au journal télévisé de TF1 et France Télévision (entre autres) que "les manifestations du 1er Mai 2006 avaient été le théatre d’affrontement entre la police et les manifestants.

Lu et/ou entendu dans les médias français :
La police a chargé les manifestants de la fête du travail et plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées.
Laissant entendre que la police avait violemment réprimée des manifestations tout à fait normales...

Et la réalité des faits ?
Cette version biaisée des faits, imcomplète et malhonnête, ne reflétait pas la réalité et la communauté turque de France avait exprimé son indignation, entre autres, sur les forums internets des sites franco-turcs. Des lettres de protestation ont été adressées aux chaines... et comme d’habitude, n’ayant pas un lobby dédié et industrialisé pour faire pression sur les médias, les appels à la raison et la colère des français d’origine turque et des Turcs de France est restée sans réponse.

Sans réponse sauf chez "Arrêt sur Image" ! Dans son édition du dimanche qui suivait les événements, l’émission "Arrêt sur Image" avait rétabli la réalité des faits en invitant la correspondate d’un grand quotidien français dont les dépêches n’avait pas été publiés dans les journaux tel qu’elle les avait proposés.

Elle a affirmé, sans réserve, que les manifestations du 1er Mai s’étaient toutes déroulées dans le calme mais qu’effectivement, en marge de ces manifestations, des partisans de groupes d’extrême gauche armés et du PKK avaient troublé l’ordre public en s’en prenant notament aux forces de l’ordre. Pour étayer ses propos, elle a cité l’exemple des "casseurs" qui causent du tort aux organisateurs des manifestations en France, que la police charge et arrête mais que la presse francophone n’aura jamais l’audace de présenter comme de simples manifestants, innocents et violentés par la police. Et pour cause, ce n’est pas ce qu’ils sont, et quitte à être honnête quand il s’agit de "Nous", il faut aussi être honnête quand il s’agit de l’"Autre". Appelons un « chat » un « chat », et en retour ayans le courage d’appeler un « kedi » [1] un « kedi ».

Cette correction était une véritable première en ce qui concerne la lutte contre la désinformation et la turcophobie. En effet, les informations éronnées, voire déformées, colportées par les groupes anti-turcs sont régulièrement repris par des journalistes peu professionnels, bien plus soucieux de leur position que de la qualité de l’information.

En effet, quoi de plus facile que d’aller dans le sens des préjugés qui datent de plusieurs siècles et que de puissants groupes farouchement anti-turcs préservent dans des buts totalement inavouables et teintés de haine et de turcophobie.
Mais surtout, quoi de plus difficile que de défendre ses convictions et une approche honnête en ayant un esprit ouvert. Quoi de plus difficile que de combattre des préjugés qui ont des siècles d’avance sur vous !

Schneidermann a sans doute tourné sa dernière émission sans le savoir.
L’équipe a appris la nouvelle par voie de presse.

Une pétition est en ligne. Signez-la, diffusez-la.
http://arret-sur-images.heraut.eu/

par Can

Notes

[1] "kedi" signifie "chat" en turc

2 Messages de forum

  • La pétition sera close le 18 juillet. Actuellement, elle regroupe plus de 180000 signatures. La pétition sera ensuite déposée à la direction de France 5 au début du mois d’août.

    Voir en ligne : Lien vers la pétition

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  • Concernant les médias et pour ma part, je pense que l’information a (a acquis) un tel poids politique qu’il est inévitable, dans le monde dans lequel nous vivons, qu’elle ne soit plus juste une fin (celle d’informer) mais soit devenue un moyen (à l’occasion de propagande et de désinformation : souvenons-nous du rôle des médias aux USA (en particulier de la chaîne Fox News) dans l’avant guerre d’Irak, afin justifier cette guerre, ou encore durant toute l’année 2005 de la propagande antiturque des milieux (politiques et médiatiques) hostiles à l’adhésion turque à l’UE)).

    Ainsi lorsqu’"on" crée, propage ou relais une information destinée à l’opinion publique (comme celle, que dénonce l’article, du "Turc barbare" dont la police tape sur tout ce qui bouge à la fête du 1er mai, ce qui a eu comme effet rapide et visible l’annulation du voyage de l’actrice Emmanuelle Béart en Turquie, la désinformation n’est donc pas sans effets) "on" a du mal à accepter qu’un journaliste en mal d’honnêteté vienne foutre son nez là dedans. Daniel Schneidermann paye certainement quelque part son honnêteté intellectuelle.

    Une chose est sûre néanmoins, dans ce monde de l’information, Internet a permis de créer un "contre pouvoir" aux médias de masse qui ironiquement sont (étaient) au départ vus comme des "contre pouvoirs" aux pouvoirs politiques. Certains caciques s’en émeuvent et dans son édito Eric Fottorino, le nouveau directeur du Monde, panique sec (ce qui montre qu’il a conscience du pouvoir des médias et qu’il a peur qu’il passe entre de "mauvaises mains"), écoutons :

    "Le doute qui surgit déjà de journaux réputés sous influence crée un mal pire encore : de pseudos médias alimentés par de pseudo-journalistes, qui se soustraient aux règles élémentaires du métier : vérifier, recouper, s’extraire des apparences, hiérarchiser les faits sans les déformer ni les monter indûment en épingle. Ainsi prospèrent des titres ou sites Internet prétendant, en mauvais alchimistes, changer la rumeur en information, au nom d’un journalisme dit citoyen ou participatif. Le thème lancinant du "On vous cache le plus important", déclinaison ad nauseam de la théorie du complot, abrite çà et là des entreprises de désinformation qui se parent des habits de la vertu. Il y aurait la presse entravée par ses liens économiques et politiques. Et des médias libres de véhiculer impunément n’importe quoi."

    Si les règles élémentaires du métier de journaliste sont de "vérifier, recouper, s’extraire des apparences, hiérarchiser les faits sans les déformer ni les monter indûment en épingle", comment justement faire encore confiance à ceux et celles qui n’ont même pas de leur métier les principes "élémentaires" ? Qui, quel journaliste, dans le climat de xénophobie, de turcophobie de 2005 a "vérifié, recoupé" et s’est "extrait des apparences", pour fournir une information vraie, sinon un journaliste, osons le mot, dissident, et dont aujourd’hui "on étouffe la voix".

    Pour généraliser un peu mon propos et pour conclure ce long commentaire, je pense qu’à terme (plus ou moins long) les médias d’informations de masse vont devenir (ce qu’ils sont déjà en partie et surtout dans le monde anglo-saxon) des outils de communications publicitaires destinés à créer, influencer, orienter un "public" (télé-radio-spectateur, lecteur, ET peuple). "Public" qui dans les démo-craties doit donner, comme nous le savons, son approbation ou plus cyniquement dit, dont il faut avoir l’approbation. Evidement à mesure de ces déviances, il y aura des résistances, n’en déplaisent à nos chers donneurs de leçons.

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